L'analyse de notre journaliste boxe : Jean-Phlippe Lustyk
Vitali et Wladimir KLITSCHKO, Dereck CHISORA et David HAYE ont peut être apporté involontairement et pour des raisons diverses, une aide considérable à Jean Marc MORMECK dans l’accomplissement de son rêve fou de devenir le 3 mars le premier français dans l'histoire, à remporter le titre de Champion du Monde des lourds.
Après ce nouveau succès de V. Klitschko samedi soir à Munich que je commentais pour ORANGE SPORT au bord du ring, et la pitoyable bagarre qui a suivi pendant la conférence de presse entre CHISORA et HAYE, deux conséquences sont à retenir :
Premièrement KLITSCHKO qui ne sort pas grandi de son 12ème championnat du monde successif victorieux, a montré pour la première fois qu’ il n’était plus invulnérable bien qu’une blessure à l’épaule confirmée par une radio dimanche matin l’ait handicapé à partir du 4ème round, une certaine fébrilité est apparue tout au long de ses 12 rounds et il a encaissé plus de coups dans ce combat que durant les 12 derniers championnats réunis !
Il a 40 ans révolu et a fait soudainement son âge.
Pour la première fois depuis plus 7 ans un challenger contre un KLITSCHKO a osé, tenté et pris des risques pour perturber ces métronomes.
CHISORA a pu ainsi sérieusement l’inquiéter jusque à la mi-combat.
Le londonien originaire du Zimbabwe a ouvert la voie et démontré la stratégie efficace pour Jean Marc MORMECK :
Prendre des risques pour faire douter, partir vite et à fond avec conviction, désir et volonté, casser la distance et enchainer les coups au corps et a la face.
Vitali KILTSCHKO est supérieur et plus solide que son jeune frère Wladimir 4 ans les séparent mais en brisant le mythe et la sensation d’invulnérabilité du géant ukrainien, la performance de Dereck CHISORA va donc aider notre champion national.
Deuxièmement David HAYE qui rêve de revanche mais ne la mérite pas, en s’invitant dans une conférence de presse d’après match où il n’était ni convié, ni désire à provoquer à la fois les KLITSCHKO et CHISORA. HAYE a déclenché la haine chez ce dernier, qui une nouvelle fois après la claque et le crachat a "pété" les plombs.
La violence de l’affrontement entre les 2 britanniques a choqué et ébranlé la centaine de témoins internationaux, dont Wladimir KLITSCHKO. Celui-ci après avoir reçu en pleine figure quelques heures plus tôt ce jet d’eau sorti de la bouche de CHISORA en réponse aux 2 annulations de l’ukrainien, qui s’était pourtant engagé à lui donner une chance sur le ring il y a 1 an, à 2h du matin, étalait ses états d'âmes à la presse internationale. Wladimir Klitschko n’aurait pas du être présent à cette conférence, à 14 jours de son combat contre Jean-Marc.
Il a mon sens perdu de l’influx, de la sérénité et montre des signes évidents de faiblesse dans ce contexte tellement pesant et violent. La forteresse KLITSCHKO est certainement fissurée.
Le grand vainqueur de cette soirée si particulière est donc Jean-Marc MORMECK, la providence l'accompagne avant Düsseldorf le 3 mars…
Jean Philippe LUSTYK
